Partie 8 : annexes
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Lexique
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— A —
- abaque n. m.
- Partie supérieure du chapiteau d’une colonne sur laquelle repose le linteau
- akh n. m.
- Dans la conception égyptienne, l’homme est constitué de plusieurs concepts, dont l’akh, sorte d’esprit lumineux ou d’étincelle divine. L’akh est la force spirituelle et surnaturelle qui glorifie le défunt. En écriture hiéroglyphique, l’akh prend la forme d’un ibis à aigrette.
- amarnien adj.
- Qui se rapporte à la période amarnienne, c’est-à-dire au règne d’Aménophis IV-Akhénaton. Amarna est le nom arabe moderne de l’antique capitale fondée par Akhénaton : Akhetaton, l’« Horizon d’Aton ».
- anachorèse n. m.
- En Égypte antique, exode rural volontaire, sous-jacent à un malaise de la population et qui atteint son paroxisme sous les Ptolémées. La pression fiscale perpétrée par les Lagides, la pratique abusive de l’affermage, ainsi que le problème de l’identité entre les Grecs minoritaires installés en Égypte et les Égyptiens eux-mêmes conduisent à une diminution de la production agricole et donc des revenus de l’État. En 107 av. J.-C., le serment de Tebtynis impose aux paysans égyptiens de rester sur leur terre et de rendre des comptes à l’État — sans recours possible.
- anastylose n. m.
- Reconstruction, remontage de colonnes, de murs ou d’autres éléments architecturaux, identique à l’original.
- androcéphale adj.
- À tête humaine.
- anépigraphe adj.
- Dépourvu de tout écrit.
- aniconique adj.
- Dépourvu de toute image.
- anthropoïde, anthropomorphe adj.
- De forme humaine, qui est semblable à l’homme.
- antigraphe n. m.
- Sous les Ptolémées, inspecteur en chef en charge des ressources agricoles et des productions des ateliers royaux du nome qui lui est attribué.
- apieion n. m.
- Sanctuaire du taureau sacré Apis.
- apotropaïque adj.
- Caractère de ce qui écarte le danger, qui détourne les risques. Dans la culture égyptienne, certaines plantes sont utilisées à des fins apotropaïques, tout comme les amulettes.
- architrave n. f.
- Partie principale de l’entablement comprise entre la frise et le chapiteau d’une colonne.
— B —
- ba n. m.
- Double spirituel du défunt, représenté sous la forme d’un oiseau à tête humaine, qui prend place dans le corps à la naissance, et s’envole à la mort, assurant ainsi un lien entre le réel — la vie terrestre — et l’immatériel, la survie spirituelle après la mort. Le ba représente la capacité du défunt à communiquer, l’énergie qui permet au défunt de se déplacer ou de se transformer.
- bak n. m.
- Variété d’arbre de petite taille, également appelée moringa oleifera et produisant une huile comestible.
- basilophore adj.
- Qui porte le nom d’un souverain.
- benben, ben-ben n. m.
- Construction massive à quatre pans suivant deux inclinaisons successives, ayant sans doute donné naissance aux obélisques. Cette pierre massive serait le symbole du lieu où le dieu démiurge (le dieu solaire Rê) serait sorti de l’océan primordial, le noun, et peut être considéré comme la première terre, la terre primordiale.
- bétyle n. m.
- Terme issu de l’hébreu Beth-el (signifiant « maison de Dieu »). Ces constructions, pierres dressées ou piliers, sont considérées comme sacrées ou porteuses de vertus pour les civilisations anciennes. C’est le cas notamment du benben du temple d’Héliopolis.
- bitume n. m.
- Matière noire sous la forme d’un goudron naturel qu’on trouve en abondance sur les côtes de la mer Morte et de la mer Caspienne. Le bitume sert en Égypte à la construction de cercueils et à l’élaboration de momie. L’une des étymologies probables du mot « momie » proviendrait du latin et de l’arabe mumia, dérivé du persan mum qui désigne littéralement le bitume naturel.
- boutisse n. f.
- Pierre de taille dont la plus petite surface est celle du parement du mur. Lorsque la largeur de la boutisse s’étend sur toute l’épaisseur d’un mur, du parement extérieur au parement intérieur, on l’appelle boutisse parpaigne, boutisse traversante ou boutisse traversière.
- bouza, bousa n. f.
- Bière égyptienne issue de la fermentation de pain.
- bubastide, boubastide adj.
- Adjectif désignant ce qui se rapporte à la XXIIe dynastie, ayant pour capitale Bubastis.
— C —
- cadrat n. m.
- Carré imaginaire dans lequel un ou plusieurs hiéroglyphes s’organisent (verticalement, horizontalement, par demi, tiers ou quart) pour former un groupe visuellement esthétique et homogène. Parfois orthographié quadrat.
- calame n. m.
- Roseau dont l’extrémité est taillée en pointe, utilisé pour l’écriture. La plupart des calames de l’Égypte antique étaient trempés dans des godets d’encre (le plus souvent rouge et noire) diluée à l’eau pour écrire sur les papyri et autres supports (ostraca, notamment). Le cœur évidé du roseau permet à l’encre d’y remonter par capillarité, et ainsi d’écrire plus longtemps.
- canope n. m.
- Récipients ou vases, le plus souvent au nombre de quatre, de taille identique, renfermant les viscères du défunt. Le terme « urne » est d’ailleurs plus approprié, puisqu’il s’agit d’y placer les viscères à des fins de conservation et de protection (l’exemple actuel de conservation de cendres d’un défunt incinéré dans une urne rejoint ce vocabulaire.). L’expression égyptienne consacrée est kbw n(y).wt.
- cartonnage n. m.
- Matériau utilisé dans la confection des enveloppes de momies, obtenu par le mélange de papyrus ou de tissus mêlés à du plâtre. Humide, la mixture est aisément modelable. Une fois sec, le cartonnage est enduit et peut être peint et découpé. Il est d’usage de désigner également comme « cartonnage » les éléments constitués de la même matière qui viennent couvrir la momie.
- cartouche n. m.
- Dans l’écriture, forme oblongue terminée par une barre verticale à l’une des extrémités et encerclant les noms de « Roi de Haute et Basse-Égypte » et « Fils de Rê » du souverain. Le cartouche symbolise une corde nouée en un point et représente l’univers. Sa forme basique est, en effet, un cercle adjoint à un « bâton » sur le côté. On peut y voir la notion de cycles chère aux Égyptiens. À la lumière de nos connaissances actuelles, il semble que le premier spécimen de cartouche date de l’avant-dernier roi de la IIIe dynastie, sous l’Ancien Empire.
- cauris n. m.
- Coquillage gastéropode, de son nom latin Cypraea moneta. Les Égyptiens leur prêtaient des vertus apotropaïques. De surcroît, ils les utilisaient comme amulette chargée de protéger du mauvais sort : leur forme rappelle celle d’un œil grand ouvert et vigilant. Ce rôle fut ensuite dévolu à l’œil-oudjat.
- cella n. f.
- Partie la plus profonde du temple où réside la statue divine. La cella est appelée « siège vénérable » par les Égyptiens.
- cénotaphe n. m.
- Tombeau laissé vide suite à l’inhumation du défunt à un emplacement différent. Certains scientifiques désignent comme cénotaphes les tombes en Abydos de rois de la Ie dynastie dont la dépouille reposerait dans d’autres mastabas à Saqqarah.
- chadouf, shadouf n. m.
- Mécanisme utilisé depuis le Nouvel Empire — et encore aujourd’hui — pour puiser de l’eau située en contrebas de la partie à irriguer. Le chadouf est composé d’une poutre de bois fixée par le centre sur un axe horizontal. La première extrémité de la poutre est munie d’une corde ainsi que d’un récipient pour l’eau, tandis que l’autre extrémité est dotée d’un contrepoids.
- chantourner v.
- Tailler, évider, découper une pièce en suivant un profil.
- chapelle n. f.
- Durant l’Ancien Empire, la chapelle est le lieu d’un mastaba où se déroule le culte rendu au défunt : on y trouve la stèle fausse-porte et la table d’offrandes nécessaires au culte.
- coachyte n. m.
- Personne — souvent issue de la prêtrise — en charge de l’exécution des cérémonies du départ du défunt vers sa dernière demeure.
- clepsydre n. f.
- Mot issu du grec klepsidra désignant une « horloge » à eau ou « sablier » à eau. Les clepsydres seraient apparues en Égypte vers 1600 av. J.-C.. Le plus ancien exemplaire de clepsydre que l’on connaisse est justement égyptien. Découverte à Karnak en 1904 et aujourd’hui conservée au Musée du Caire, la clepsydre est datée du règne d’Aménophis III, vers 1400 av. J.-C.. Cette clepsydre est constituée d’un simple récipient conique percé d’un orifice à la base. Alors que l’eau s’écoule par cet orifice, la mesure du temps s’effectue en lisant les graduations se trouvant à l’intérieur du bol. La précision du calcul serait de l’ordre de cinq à dix minutes — un exploit pour l’époque !
- comput n. m.
- Terme désignant le calcul effectué dans le calendrier pour indiquer les dates des fêtes mobiles, non fixées à une date. En égyptologie, le comput désigne le décompte du temps en fonction des trois saisons et des règnes des rois. En effet, les Égyptiens comptaient en commençant au début du règne du roi successeur : l’an 1 du règne du roi de Haute et Basse-Égypte, etc.. Au Moyen Empire, même si l’année est déjà entamée, l’an 1 du roi ne durera que jusqu’à la fin de la troisième saison, et son an 2 commencera le jour de l’an. A contrario, au Nouvel Empire, l’an 1 du roi commence à la mort de son successeur, quelle que soit la date, et s’en retrouve donc parfois décalé par rapport aux saisons.
- copte n. m. & adj.
- Terme désignant à la fois les chrétiens d’Égypte — d’après la racine arabe du nom grec des Égyptiens —, leur langue et leur écriture issue du grec et complétée de sept signes empruntés au démotique.
- corniche n. f.
- Élément d’architecture surmontant les hautes portes des temples ou d’autres constructions. La corniche présente une gorge à 90° vers le bas, décorée de motifs et parfois agrémentée du disque solaire ailé, le behedet.
- coudée n. f.
- L’une des unités de mesure utilisée durant l’antiquité égyptienne. Il s’agit d’une unité de longueur équivalant à environ 52,5 centimètres.
- criosphinx n. m.
- Sphinx à tête de bélier et à corps de lion.
- crocodilocéphale adj.
- À tête de crocodile. Il existe des formes crocodilocéphales de divinités anthropomorphes, mais également des sphinx crocodilocéphales. En 2008, les fouilles menées derrière les « Colosses de Memnon », sur le site du temple d’Aménophis III, ont mis au jour plusieurs sphinx crocodilocéphales.
- crotales n. f.
- Instrument de musique idiophone pouvant être assimilé à des castagnettes. Nos orchestres symphoniques contemporains ont toujours recourt à cet instrument. Utilisé la plupart du temps au pluriel.
- crypte n. f.
- Dans les temples d’époque tardive, construction aménagée à l’intérieur des murs, sous la forme d’un réduit assez long accueillant des objets sacrés, des statuettes, des emblèmes prophylactiques. L’un des exemples les plus troublants est la crypte du temple de Dendérah, à la fois étroite et longue, couverte de représentations mythologiques.
- cursif, écriture cursive adj.
- Écriture simplifiée et manuelle, généralement rédigée de droite à gauche. Aux côtés des hiéroglyphes utilisés comme écriture monumentale naît un système hiéroglyphique cursif. Dès l’Ancien Empire apparaît une autre écriture cursive dénommée « hiératique », beaucoup plus efficace dans la rédaction d’écrits sur des supports tels que le papyrus, les ostraca, les tablettes de cire, etc.. Vers 1070 av. J.-C., le hiératique devient une écriture cursive sacrée. En parallèle va se développer vers 715 av. J.-C. une seconde écriture cursive, le démotique. Cette écriture — contrairement au hiératique — est si simplifiée qu’elle en devient sténographique. Elle sera de fait l’écriture de l’administration et de la vie courante.
- cynocéphale adj.
- À tête de chien. Il existe des formes cynocéphales de divinités anthropomorphes, mais également des sphinx cynocéphales. On retiendra l’exemple de la grande quantité de sphinx cynocéphales du temple de Merenptah sur la rive Ouest de Thèbes.
— D —
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— E —
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— F —
- feston n. m.
- Partie des chapiteaux des colonnes palmiformes formant des guirlandes verticales de feuilles.
- flabellum n. m.
- Terme latin (pluriel flabella) désignant un éventail constitué d’un long manche terminé par un disque soutenant le plus souvent des plumes d’autruche, de paon ou d’oie. Le flabellum est principalement utilisé à des fins rituelles, tout comme dans le « culte » du roi, comme en témoigne le titre de « t3y-hw hr wnmy n nsw », « flabellifères à la droite du roi ».
- frontispice n. m.
- ♦ Façade principale d’un édifice.
♦ Illustration placée en tête d’une page de titre de livre.
— G —
- gargouille n. f.
- Élément d’architecture, très souvent zoomorphe (forme léonine et hathorique à Dendérah, forme léonine seule à Philae) servant à évacuer les eaux de pluie. Leur forme mythologique laisse entrevoir un rôle prophylactique.
- gnomon n. m.
- Instrument primitif de calcul du temps où un bâton (ou « style ») planté perpendiculairement dans le sol indique l’heure ou l’orientation à suivre par l’observation de l’ombre que projette le soleil. C’est le principe même du cadran solaire. Par extension, on appelle gnomonique l’art de la réalisation de cadran solaire.
- godron n. m.
- Ornement creux ou saillant des chapiteaux des colonnes papyriformes. Les chapiteaux formés d’une corbeille godronnée évoquent les plants de papyrus.
— H —
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— I —
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— J —
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— K —
- Kemet, Kemit ou Kemyt n. f.
- Translittération des hiéroglyphes qui servent à écrire « la terre noire », « Celle qui est noire ». Terme utilisé par les anciens Égyptiens pour désigner l’Égypte.
- coiffe-khat n. f.
- Coiffe portée par les rois, partant du front et s’engouffrant derrière la nuque en une sphère bouffante.
- khepesh n. m.
- Arme d’apparat représentée dans les scènes du roi en présence des dieux. La lame se poursuit d’abord dans la continuité du manche avant de se cintrer en une forme de faucille. Probablement d’origine Hyksôs, ce cimeterre à la lame de bronze, image de la force, pouvait atteindre une soixantaine de centimètres. Le manche est parfois de bois, parfois de métal. Certains exemplaires sont faits d’une seule pièce. Les formes les plus tardives du khepesh s’allongent et sont pourvus d’une pièce de support entre le manche et la lame pour maintenir correctement l’arme en poing. Certains supposent que le nom de khepesh tient son origine à l’homonyme attesté dans les textes des sarcophages : la cuisse de bovin (ḫpš, khepesh) approche dans l’écriture hiéroglyphique de l’image du khepesh. Symbole probable de la combativité du roi et de ses chances de victoire dans les batailles, cette harpé est offerte au roi par les dieux, tandis que celui-ci terrasse les ennemis tenus par les cheveux. Le plus souvent représenté dans les scènes présentes sur les pylônes du temple, le khepesh est parfois assorti d’un manche à décoration florale (papyrus) ou à l’image du dieu tutélaire du temple : l’Horus d’Edfou, le bélier d’Amon (bas-reliefs de Séthy Ier et Ramsès II à Karnak. Dans le papyrus Amherst, le déterminatif du khepesh est celui de l’Horus-faucon sur un étendard, au lieu de l’image de l’épée : la métaphore symbolique et spirituelle est indéniablement liée à cette arme offerte par les dieux. L’arme n’a sans doute jamais été utilisée à des fins guerrières, mais plutôt comme symbole de la force.
- khepresh n. m.
- Couronne royale, longtemps considérée à tord comme casque de guerre, la plupart du temps de couleur bleue, et exceptionnellement noire, et constellée de points. Le khepresh porté par le roi est une couronne appelée abusivement « casque ». Il prend une forme bombée qui s’évase en deux « ailerons » partant des tempes jusqu’au sommet de la couronne. Sa couleur bleue si caractéristique est ponctuée d’incrustations circulaires. Si de nombreuses statues portent ce couvre-chef, il nous est impossible de déterminer de quels matériaux furent faits les khepresh réels. Longtemps considéré comme un casque de guerre utilisé lors des combats, le khepresh est désigné aujourd’hui comme une couronne symbolisant la puissance et le triomphe du roi sur les ennemis. Des scènes présentent également le roi coiffé d’un khepresh de couleur noire. Le fait est rare, et il est difficile de savoir si la teinte indique que ce soit une autre couronne, ou que ce soit tout autant un khepresh. Certains égyptologues suggèrent que le khepresh dans l’iconographie indique sur les scènes de batailles que ce n’est pas le roi lui-même qui a dirigé ces batailles.
- kom n. m.
- Terme arabe que l’on retrouve dans de nombreuses dénominations modernes de sites archéologiques, synonyme de tell, et désignant un amoncellement de vestiges, de ruines.
— L —
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— M —
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— N —
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— O —
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— P —
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— Q —
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— R —
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— S —
- saff n. m.
- De l’arabe saff, signifiant « rang », « rangée », ce terme désigne à la fois les rangs de piliers aménagés lors de l’excavation d’une cour trapézoïdale à l’entrée d’une tombe, et un gabarit de tombe aménagée de cette manière : c’est le cas des tombes rupestres des nomarques de la fin de Première Période Intermédiaire et du Moyen Empire à Beni Hassan près de Minieh en Moyenne-Égypte et des tombes des hauts dignitaires de la XIe dynastie à Thèbes-Ouest, dans la nécropole d’El Tarif.
- sahou, sahu n. m.
- Dans la pensée égyptienne, composante de l’être humain révélant son caractère, et dictant son comportement et ses actions.
- sahou, saw n. m.
- Médecins exorcistes agissant essentiellement par l’utilisation de formules, d’amulettes et de remèdes appropriés. Ils peuvent lutter contre les maux invisibles (mal au ventre, mal de tête, etc.), contre les maux dus aux incarnations animales des dieux (piqûres de scorpions, morsures de serpents, etc. ). Le khrp srqt (l’exorciste de la déesse scorpion Selket), par exemple, est tout désigné dans l’exorcisme contre les piqûres de scorpions et les morsures de serpents.
- sarcophage n. m.
- Cuve de pierre, appelée par les Égyptiens « maîtres de vie », destinée à recevoir le corps du défunt. Par extension, le sarcophage désigne aujourd’hui — abusivement ? — la cuve de pierre ou le cercueil qu’il contient, quels qu’en soient les matériaux (or, bois doré, bois...). Le nom moderne de sarcophage — entièrement antinomique de la pensée égyptienne — provient du grec sarcophagos, signifiant « qui mange, qui détruit les chairs » ; les pierres utilisées dans la conception devaient servir à détruire les corps non incinérés.
- satrape n. m.
- Terme issu du grec, lui même dérivé de l’iranien et du vieux perse signifiant « protecteur du royaume ». Le satrape agit en tant que gouverneur d’une division au rôle administratif appelée satrapie. Les satrapes disposent de moyens financiers, militaires et économiques pour gouverner leur division administrative, qui peut parfois s’étaler sur une très grande superficie. Par extension de langage, le satrape désigne une personne riche faisant étalage de cette richesse dans son style de vie.
- schilbé, schilbe mystus n. m.
- Espèce de poisson originaire d’Afrique, vivant en bancs. Ce poisson pourrait être l’incarnation de la déesse Hatmehyt, la « Dame de Mendès », bien que les spécialistes hésitent toujours sur la forme du poisson ou du dauphin qui siège sur le pavois posé sur sa tête. Néanmoins, une équipe d’égyptologues canadiens dépêchée sur le site de Tell el-Roba a mis au jour des poteries contenant les restes de schilbe mystus encore jeunes, ce qui tend à lier ce poisson à la déesse que les égyptiens appellent « Celle qui est à la tête des poissons ».
- sebakh n. m.
- Terme arabe désignant la terre issue des déchets de sites antiques, à la fois biologiques et minéraux, utilisée comme engrais.
- sceptre-sekhem n. m.
- Sceptre constitué d’un manche droit, qui s’évase comme la tête des plans de papyrus, et se termine par une forme oblongue s’évasant vers le haut.
- serdab n. m.
- Mot d’origine arabe désignant à l’Ancien Empire une salle sans ouverture, parfois percée d’une fente, située au sud des mastabas, et renfermant les statues funéraires du défunt — et parfois de sa famille. Souvent dissimulé derrière une stèle fausse-porte, le serdab communique avec la salle d’offrandes.
- serekh n. m.
- Terme égyptien désignant une forme rectangulaire représentant la façade et l’enceinte des palais, et contenant le « nom d’Horus » des pharaons de l’Égypte ancienne, dès les premiers rois. Le serekh est surmonté d’un faucon, l’Horus symbole de la royauté sur terre et de la filiation divine du roi. Le nom inscrit à l’intérieur — certains considèrent que le serekh contient le nom, tandis que d’autres prétendent qu’il encercle le nom — est aux origines de l’histoire égyptienne très court, et identifie le roi selon le hiéroglyphe qu’il contient et non pas selon sa valeur phonétique : par exemple, on parlera de la stèle du roi-Serpent, du roi-Scorpion, etc.. Ce « nom d’Horus » est le plus ancien des cinq noms qui composent la titulature royale.
- shet n. m.
- Le shet est le corps, l’enveloppe charnelle de l’être humain. Comme toutes les composantes de l’être dans la pensée égyptienne, la survie du défunt dans l’au-delà n’est garantie que si son corps est préservé, assurant ainsi la conservation de tous les autres principes que le corps renferme (akh, ren, etc.) après la mort.
- shout n. m.
- Littéralement, l’ombre. L’ombre est très importante dans la pensée égyptienne, puisqu’elle constitue un double qui accompagne le défunt toute sa vie.
- sigillographie n. f.
- Étude des sceaux. Synonyme de sphragistique.
- situle n. f.
- Vase rituel dont le nom latin situla a donné en français le mot « seau ». La situle se présente sous la forme d’un récipient oblong dont la panse est plus large que l’encolure, et soutenu par une anse mobile. La plupart des exemplaires que nous connaissons sont réalisés en bronze et date pour l’essentiel de la Basse Époque ou de la période gréco-romaine. Le bronze a permis la conservation des scènes liturgiques très intéressantes composant le décor de ces objets.
- sounou, swnw n. m.
- Médecins des humbles. Ils exercent à l’extérieur des temples, en suivant les enseignements qu’ils y ont appris, notamment par leurs lectures et leur expérience. Les sounou ne deviennent médecins généralistes que lorsqu’ils ont acquis suffisamment de compétences et de connaissances. Bien souvent le soun est spécialisé dans une pathologie particulière.
- stèle fausse-porte n. f.
- Niche aménagée dans le mur qui fait face à l’entrée d’une chapelle funéraire : elle était censée représenter une façade de maison constituant, dans les chapelles des mastabas de l’Ancien Empire, le point de jonction entre le monde des morts et celui des vivants, l’endroit par lequel le défunt avait la possibilité de venir recueillir les vivres que la famille et les amis venaient déposer sur la table d’offrandes généralement placée à ses pieds. — R. L.
- stélèphore adj.
- Adjectif désignant quasi-exclusivement les statues et statuettes s’appuyant sur une stèle gravée de hiéroglyphes. Cette forme laisse apparaître une dévotion pour le ou les personnages envers le texte rédigé sur la stèle : la stèle est alors le récit, la voix du protagoniste.
- stoliste n. m.
- Prêtre en charge de l’entretien de la statue de la divinité. Les stolistes effectuent les rites quotidiens de la toilette, de l’habillement et de la parure (notamment à l’aide de bandelettes de lin colorées) des statues divines. Ils conservent les apparats du dieu (bijoux, vêtements) et les objets de culte.
- substratum n. m.
- Nom latin désignant le terrain rocheux situé sous une épaisseur de sédiments.
- syringe n. m.
- Hypogées souterrains de l’Égypte antique, généralement composés d’un long couloir étroit descendant, tels que ceux de la Vallée des Rois.
— T —
- talatat n. f.
- Nom commun, considéré comme invariable (des talatat) par certains égyptologues, vu son origine arabe, qui désigne un bloc parallélépipédique de grès ou de calcaire employé pour la construction de certains édifices de l’époque amarnienne (XVIIIe dynastie, au milieu du XIVe siècle av. J.-C.), tant à Thèbes que dans la capitale Akhetaton créée ex-nihilo par Aménophis IV-Akhénaton, en Moyenne Égypte. Parfois orthographié talatate. Le terme égyptien classique était djebat iner.
- théogamie n. f.
- Pratique mythologique dans laquelle le dieu dynastique s’unit à la reine pour donner naissance à un enfant d’essence divine. Dans le cas de l’accession contestée au trône d’un souverain, la théogamie permet de légitimer sa place. Si la théogamie de Ramsès II racontée sur les murs du temple de Louxor n’a rien de litigieux, celle d’Hatshepsout vient justifier sa place sur le trône, ne serait-ce qu’en tant que femme-pharaon et nourrice de Thoutmosis III ; ainsi elle naît mythologiquement de la rencontre d’Amon (qui prend la forme de son pèreà et d’Ahmès.
- thérianthropie n. f.
- Capacité d’un être humain à se transformer entièrement ou partiellement en animal. C’est par exemple le cas dans les textes funéraires.
- tore n. m.
- Moulure pleine cylindrique placée sur les arêtes des édifices, par exemple aux angles des pylônes. Parfois appelé boudin.
- translittération n. m.
- Système de notation permettant la prononciation phonétique supposée des hiéroglyphes. Fait d’attribuer aux signes hiéroglyphiques des sons pour pouvoir les prononcer, puis pour pouvoir traduire les textes.
- triade n. m.
- Dans la mythologie égyptienne, la triade peut désigner deux types de « groupement » de trois divinités. Ce peut être d’une part, une triade « familiale » rattachée à un temple, qui unit par les diverses cosmogonies un dieu père, une déesse mère, et un enfant : c’est le cas à Karnak de la triade Amon-Mout-Khonsou, à Edfou avec la triade d’Horus-Hathor-Harsomthous, etc. — notons qu’à ce propos les cosmogonies et le rôle des dieux et déesses ont évolué avec le temps pour légitimer la présence de certains dieux ou leur donner une importance grandissante —. D’autre part, le second modèle de triade que nous connaissions est celui qui rassemble les trois grandes divinités dynastiques : Amon, le dieu thébain, Rê-Horakhty, celui d’Héliopolis, et Ptah, le démiurge de Memphis. Sous le règne de Ramsès II, ce modèle de triade connaîtra son apogée avec l’ensemble de constructions qui leur sont dédiées en Nubie.
- Typhon n. p.
- Dieu grec démoniaque assimilé au dieu égyptien Seth. Évoluant dans le monde du Chaos, il est comme Seth un détracteur de l’équilibre en place.
— U —
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— V —
- vizir n. m.
- De l’arabe wazir. Premier ministre ou préfet de l’État égyptien. Le terme de vizir, ici employé par analogie à la fonction de Second de l’État — après le souverain —, ne reflète qu’imparfaitement le rôle de celui que les Égyptiens appelaient tjaty (ou tchaty). Les pouvoirs étant peu dissociés dans l’État pharaonique, le vizir est à la fois à la tête d’un pouvoir législatif et exécutif, qui lui confère une importance et un statut particulier.
Chef d’une bureaucratie dense et composite, le vizir gère les archives et l’administration de l’État. D’un point de vue économique, il s’occupe de la comptabilité et de la distribution des biens, de la levée des taxes, et agit en connaissance des informations qui lui sont données sur le niveau des crues du Nil, le lever héliaque de Sôthis, ou encore sur la quantité de denrées amassées dans les greniers de l’État. Il vérifie les documents et conserve les actes de propriété, de transfert et de legs de propriété, etc. Dans les grands circuits économiques, il veille à l’acheminement et à l’expédition des marchandises (extraction d’or et de pierres précieuses, essences de bois, etc.). D’un point de vue judiciaire, il préside aux déroulements des affaires, tranche et délibère en appliquant les textes de décrets et les coutumes d’usage.
La tâche était si grande que l’Égypte se dota à la XVIIIe dynastie de deux vizirs, l’un assurant le rôle en Haute-Égypte, l’autre en Basse-Égypte. Des historiens présument qu’il y eu déjà deux vizirs dès le Moyen Empire.
L’importance du vizir, qui avait également droit de cité sur les affaires religieuses, lui a valu un statut important. Dans les premiers temps de l’histoire pharaonique, l’homme choisit pour sa rectitude et son respect de la règle de la Maât est directement issu de la famille royale. Le vizir du roi Djoser, Hesirê, endossa simultanément le rôle de « Grand des dix du Sud » et de chef des médecins. Mais à la Ve dynastie, le vizir est désormais choisit à l’extérieur de la famille royale. Hasard de l’Histoire, les lignées de vizirs devenues puissantes se succèdent tandis que l’Ancien Empire voit l’affaiblissement du pouvoir royal, amenant même le souverain Pépi Ier à épouser l’une des sœurs du vizir Djâou pour garantir sa place sur le trône.
Antefoqer devint vizir sous le règne d’Amenemhat Ier, et connu une glorieuse carrière de plus de vingt ans sous le règne de Sésostris, pour lequel il organisa de nombreuses expéditions.
Au Nouvel Empire — notamment pour la XVIIIe dynastie — une véritable aura se crée autour du vizir, et pare les murs, les stèles et les papyri de représentations et de textes hautement gratifiants, à la limite de la propagande. On y voit le vizir portant la tenue-shenep, avançant d’un pas certain le bâton-aba dans une main, et les quarante rouleaux des « lois » à proximité. Les textes nous ont légués des informations, plus gratifiantes que descriptives, du rôle et des actions du vizir, rédigés pour la plupart à la XVIIIe dynastie : ainsi les vizirs Ahmosis (Ahmes dit Ametou, vizir sous le règne d’Hatchepsout), Ouseramon (dit Ouser) et Rekhmirê connurent une renommée qui leur valut d’apparaître dans la littérature, notamment dans les « Devoirs du Vizir », « L’Installation du vizir » et « L’Instruction du vizir ». - volume n. m.
- Les volumes sont calculés en heka, soit environ 4,8 litres, équivalents au boisseau de l’Ancien Empire, calculé à l’aide du khar, sac de cuir contenant le volume de vingt hekat. Le heka est divisé en 10 hin et 320 ro. Les liquides sont comptabilisés le plus souvent sur la base d’une jarre (henou), soit 0,46 litres. On calcule les volumes de bière avec le des, le vin avec le heben et l’huile avec le meni.
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- zooarchéologie n. f.
- Étude archéologique du monde animal.
- zoomorphe adj.
- De forme animale, par opposition à anthropomorphe.
- zootoxine n. f.
- Toxine, venin et poison sécrétés par les animaux.