Partie 4 : le Nouvel Empire, l’âge d’or de l’Égypte

Chapitre III : du « roi-soleil » Amenhotep III à la fin du culte d’Aton

Horemheb

Accession au pouvoir

Pour certains Horemheb 1, qui règne vers 1323 à 1295 av. J.-C., est encore un roi de la XVIIIe dynastie, alors que pour d’autres il est celui qui débute la XIXe dynastie. Auparavant général et chef de la cavalerie sous la XVIIIe dynastie 2, Horemheb devient roi du Double Pays à la XIXe dynastie. En se basant sur les sources que nous connaissons, Horemheb apparaît déjà dans la documentation à partir du règne de Thoutmosis IV, et se fait représenter victorieux dans sa tombe de Saqqarah sous le règne d’Aménophis IV - Akhénaton, avec des défilés de Syriens et Hittites rapportés par des soldats égyptiens ; de hauts dignitaires célèbrent la gloire d’Horemheb, précédant des nubiens, dont un agenouillé devant le souverain.

On peut à ce sujet se demander pourquoi il ne figure pas sous le règne d’Akhénaton. Certains ont proposé qu’il s’appelait alors (Pa)Atonemheb, un personnage qui nous est connu sous le règne d’Akhénaton et dont la tombe n° 24 à Akhetaton (Amarna) se trouve juste à côté de celle d’Aÿ. Pour autant l’hypothèse reste mince puisque se basant uniquement sur le nom du personnage, et ne s’appuyant sur aucune preuve archéologique connue à ce jour.

Règne

On connaît plusieurs dates pour le règne d’Horemheb, basées sur du matériel archéologique : quelques documents mentionnent un an 14 du règne d’Horemheb ; un graffito porté sur un ostracon mentionne également un an 27 d’Horemheb ; un acte du règne de Ramsès II relate un évènement de l’an 59 du règne d’Horemheb : il n’est pas impossible qu’on est additionné les règnes de Semenkharê, Toutankhamon, Akhénaton et Aÿ à celui d’Horemheb. Pour autant, les égyptologues s’entendent à considérer 27 ans de règne pour Horemheb.

Dates de règne selon différents spécialistes
Historien Date de début Date de fin

Titulature

Son nom, Horemheb, « Horus est en fête », marque une rupture radicale avec la période amarnienne.

Généalogie

Horemheb épouse Moutnedjemet, dont on connaît une statue aujourd’hui au Musée de Turin, dont la tête manque — probablement accidentellement mutilée. On pense qu’elle décède en l’an 13 du règne d’Horemheb, peut-être morte en couche, puisqu’on a retrouvé une momie de femme et un fœtus dans la tombe d’Horemheb à Saqqarah, qui pourraient être les leurs. Certains proposent une seconde épouse Amenye.

Horemheb n’a probablement pas eu d’enfant, en tout cas pas de fils pouvant lui succéder, choisissant de son vivant son vizir comme successeur, Paramessou, qui deviendra Ramsès Ier.

Au pied du IXe pylône du temple de Karnak, on a découvert des statues-cubes : deux d’Amenhotep fils d’Hapou et deux du vizir d’Horemheb, officier d’infanterie, de cavalerie, scribe royal, prêtre de Maât (vizir) et Jry-pˁt, nommé Paramessou, et qui deviendra Ramsès Ier, désigné par Horemheb comme successeur.

Campagnes

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Constructions

La plupart des constructions d’Horemheb se situent à Karnak et aux abords de Thèbes, ainsi qu’en témoigne d’ailleurs son nom d’Horus : « Celui qui accomplit de grandes merveilles dans le temple de Karnak » (Hr K3-nḫt Spd=s-Hrw). Il est vrai qu’après le règne d’Aménophis IV - Akhénaton, Horemheb s’impose comme celui qui a rétabli l’ordre, la Maât, et à renouer avec les traditions séculaires de ces prédécesseurs. Ainsi figure à Karnak près du Xe pylône un décret de 38 lignes sur une stèle dite du rétablissement, probablement usurpée à Toutânkhamon, détaillant des mesures et dispositions punitives et normatives. Son temple funéraire, aux côtés de celui de Merenptah, Aménophis Ier et Ramsès III, est usurpé à Aÿ.

Il fait édifier les IIe, IXe — dans lequel se trouvaient les talatat des temples de l’époque amarnienne — et Xe pylône à Karnak.

Le second pylône de Karnak érigé par Horemheb comportait des blocs marqués des cartouches d’Aÿ martelés, mais pas ceux de Toutankhamon. Ce qui résulte sans doute de l’amertume d’Horemheb face à Aÿ qui est monté sur le trône à sa place.

Il restaure et aménage le temple de Ptah de Karnak.

On lui connait également d’autres constructions à Memphis, au Gebel Silsileh et au Gebel Adde.

Sous le règne d’Horemheb un certain Maya, qui était trésorier et très haut fonctionnaire, a sans aucun doute supervisé les travaux d’Horemheb. Sa femme Meryt était prêtresse d’Amon, portant le collier-menat, un rôle de haut rang.

Tombe

La tombe d’Horemheb à Saqqarah 3 est construite sous le règne de Toutankhamon. On y trouve une superstructure en calcaire complétée à l’époque ramesside, précédée d’un pylône, suivi d’une « salle hypostyle ». Placée au Sud-Est de la pyramide à degrés de Djéser à Saqqarah, la tombe est implantée aux côtés de celle de Maya. On trouve dans la tombe d’Horemheb un hymne aux dieux où est absent le disque solaire, Aton, et où réapparaît l’iconographie « traditionnelle ». La chapelle est couronnée d’un pyramidion et la sépulture est dotée d’un puits funéraire. Sur l’une des représentations d’Horemheb, l’uraeus a été ajouté a posteriori au front du nouveau roi. Actuellement, la plupart des reliefs visibles sont des moulages, dont les originaux sont conservés dans plusieurs musées, dont le Rijksmuseum de Leyde.

Sa tombe dans la Vallée des Rois, la KV57, est restée inachevée. C’est la plus grande de la Vallée des Rois à l’époque d’Horemheb. Elle est originale par son aspect, puisque c’est la première tombe rectiligne qui subit un décalage au niveau de l’antichambre, et la première tombe où l’on trouve des reliefs, puisque les autres tombes étaient uniquement peintes. On y voit aussi la première représentation du Livre des Portes, récit du voyage du soleil passant par douze portes symbolisant les douze heures de la nuit. Les salles achevées reçoivent un décor à la polychromie encore aujourd’hui étonnamment bien conservée.

Notes