Partie 4 : le Nouvel Empire, l’âge d’or de l’Égypte
Chapitre II : les Thoutmosides
Amenhotep II
Accession au pouvoir
Né à Memphis de l’illustre Thoutmôsis III et de l’épouse royale Mérytrê Hatchepsout Hatasou, Amenhotep II monta sur le trône le lendemain de la mort de son père, le 30 Phaménoth de l’an 54 du règne de celui-ci. Auparavant, Amenhotep II satisfaisait déjà ses tendances belliqueuses sous le règne de son père en agissant contre les peuples nomades du Nil et de la Mer Rouge, et notamment en leur faisant payer un tribut. Pharaon approximativement de 1426 à 1403 av. J.-C., il est le septième pharaon de la XVIIIe dynastie de Manéthon.
Règne
Aux environs de l’an 24 du règne d’Amenhotep II (env. 1403 av. J.-C.), l’Égypte rayonne de toute sa splendeur et le Double-Pays est prospère : les prédecesseurs ont mis fin à la longue occupation hyksôs et reconquis la Palestine et la Syrie jusqu’à l’Euphrate, imposant aux villes soumises un tribut annuel et la présence de garnisons de l’armée égyptienne.
Amenhotep II est monté sur le trône à l’âge de 18 ans, après 3 ans de co-régence avec son père Thoutmôsis III. Surnommé Merkhepesh (« Celui qui aime la force »), comme le sera le futur Amenhotep III, il mène une politique offensive et repousse les ennemis de l’Égypte d’une main de fer.
Les conquêtes en pays asiatiques dénotent de nouveaux styles dans l’art égyptien de la période, et notamment un renouveau, après la période classique des thoutmôsides, introduisant l’idée de mouvement et de nouvelles couleurs. Les grands épisodes de la vie du roi sont imprégnés de son image sportive et combattive : Amenhotep II nourrit le culte du « Roi athlète », inflexible et vaillant, terrassant de sa force les peuples asiatiques et de Nubie.
L’entourage du roi n’est plus issu des liens héréditaires, mais sélectionné par lui-même parmi ses compagnons de combat, des hommes d’armée, mais aussi parmi les camarades ayant grandi avec lui à l’École du Palais menhotep II est un guerrier : il connaît les armes et leurs maniement, la navigation, le tir à l’arc et les chevaux, issus des conquêtes sur les Hyksôs.
On possède quelques statues d’Amenhotep II, ainsi que des bagues en jaspe et en cornaline, des vases, des scarabées, des amulettes et un papyrus daté de l’an 5 de son règne, contenant un hymne au roi. Après sa mort, Aménophis fut divinisé et eut ses prétres dédiés.
| Historien | Date de début | Date de fin |
|---|---|---|
| Arnold, D. | 1428 | 1401 |
| Dodson, A. | 1424 | 1398 |
| Eggebrecht, A. | 1439 | 1413 |
| Gardiner, A. H. | 1425 | 1401 |
| Grimal, N. | 1279 | 1213 |
| Helck, W. | 1413 | 1388 |
| Hornung, E. | 1438 | 1412 |
| Kitchen, K. A. | 1427 | 1396 |
| Kinnaer, J. | 1425 | 1401 |
| Krauss, E. | 1426 | 1400 |
| Málek, J. | 1428 | 1401 |
| Murmane, W. J. | 1426 | 1400 |
| Parker, R. A. | 1439 | 1413 |
| Quirke, S. | 1428 | 1397 |
| Redford, D. B. | 1454 | 1419 |
| Shaw, I. | 1427 | 1400 |
| Sitek, D. | 1414 | 1388 |
| Von Beckerath, J. | 1428 | 1397 |
| Wente, E. F. | 1453 | 1419 |
Titulature
Amenhotep II porte le nom d’Horus Kanekhet Ouerpehti, « Celui qui aime la force », qui fait écho à son nom de nebty Ouserfaou Sekhâemouaset, « Celui dont l’énergie est utile, intronisé à Thèbes », et son nom d’Horus d’Or Itjisekheme Femtaounebou, « Celui qui s’empare de toutes les terres par sa force ».
Son nom de couronnement comme son nom de naissance exalte les dieux démiurge Amon et Rê : Âakhéperourê, « Les manifestations de Rê sont grandes », et Amenhotep Heqaiounou, « Amon est satisfait, le Seigneur d’Héliopolis ».
Généalogie
Époux de la princesse Ramerit, Amenhotep eut comme fils Khaemouaset, nommé du vivant de son père prince d’Éthiopie, et son successeur Thoutmôsis IV qui prit le trône d’Égypte après la mort de son père.
Campagnes
Peu après son accession aux trônes, plusieurs États vassaux de la Syrie tentèrent de se révolter. Le jeune pharaon alla alors mener une campagne éclair contre les révoltés où il combattit au corps à corps, leur fracassant le crâne à coups de massue. Au terme de cette guerre foudroyante, Amenhotep II rentra par le Nil à Memphis en liant par les pieds sur la proue du bateau les dépouilles de sept chefs syriens rebelles pris à Takhis (région de Tikhesy). Victorieux et vénéré, il fit apporter le butin et les cadavres à Karnak en hommage à Amon. Tandis que Pharaon redescendait le fleuve, le corps d’un des princes syriens fut suspendu aux murailles de Napata, province nubienne au Sud de l’empire égyptien, et fait graver à Amada en guise d’avertissement :
Montrer aux Éthiopiens, pour l’éternité, les victoires du Roi qui avait battu les Noirs et les Asiatiques, et s’était rendu maître de toutes les régions de la terre qu’éclaire le Soleil dans sa course.
Les six autres dépouilles furent exposées sur le mur d’enceinte de Thèbes. Il n’y eut quasiment plus aucun soulèvement sous le règne d’Amenhotep II.
Constructions
Durant cette période de paix où le roi menait les ennemis soit par les armes, soit par la peur, Amenhotep II entreprit des travaux. Il acheva la construction du temple d’El-Kab entrepris par Thoutmôsis III et fit bâtir un kiosque reposoir à Médinet Habou. À Thèbes, il commande de grands agrandissements du temple d’Amon - notamment des colonnes de grès blanc et d’or dans la salle hypostyle de Thoutmôsis Ier, une chapelle entre les neuvième et dixième pylônes - et y fait graver la mémoire de ses victoires en Asie, notamment en se représentant terrassant les ennemis sur le huitième pylône et en achevant la décoration du septième pylône du temple d’Amon. À Tamai-t (Médamoud), au Nord de Thèbes, il édifie un temple au dieu guerrier Montou ; à Hermonthis, au Sud de la capitale, il établit un sanctuaire au dieu local et instaure d’autres travaux à Memphis et Silsilis. Un temple en l’honneur de Khnoum flanqué de deux obélisques - sans doute les seuls jamais édifiés sur l’île - est construit sur l’île d’Éléphantine. Enfin, en Nubie persiste les souvenirs de son règne à Ibrim, Amada, Kummeh, Semneh, Béhéni (près d’Ouadi-Halfa), dans l’île de Sâi, et à Kalabshah, où il édifia un temple commun au dieu égyptien Khem et au dieu éthiopien Méroul.
Tombe
Sa tombe au sein de la Vallée des Rois porte le numéro moderne KV 35.
Bibliographie
- Westendorf, W., « Der Sonnenzyklus im Weltgebäude. Zusatzbemerkungen zu einer „Ornamentalen Inschrift Amenophis’ II.“ », in Göttinger Miszellen 219, Göttingen, 2008.