Partie 1 : naissance d’une civilisation

Chapitre II : de la Préhistoire à l’Ancien Empire

Néolithique

Fayoum A / Béni Salamé

La culture du Fayoum A est la plus ancienne que nous connaissions à ce jour pour le Néolithique. Son nom décline du groupe d’activité préhistorique qu’on a pu découvrir dans cette région de l’Égypte constituant une oasis, le Fayoum. Il semble qu’avant cette période, le Fayoum n’était pas encore habité, contrairement à la Basse et Haute Égypte, ainsi que le Sud de la première cataracte. Les premiers villages pleinement sédentaires apparaissent en Égypte.

La culture de céréales se développe et l’on voit apparaître des corbeilles, mais aussi des silos faits de paille tressée semi-enterrée, refermés par des nattes de pailles.

Voici qu’apparaissent également des outils davantage performants, tel que les faucilles ou les bâtons servant à battre le grain : on regroupe de l’os ou du silex avec un manche de bois pour obtenir un instrument bien plus efficace. Ces instruments lithiques se composent de pierre éclatée en biface ou polie.

Merimde

Plus au Nord du Fayoum A se développe la culture de Merimde — du même nom que son site d’occupation — où l’on retrouve sensiblement les mêmes objets et les mêmes vestiges de peuplement. L’élevage de bovidés, de chèvres, de moutons, mais aussi de porcs est pratiqué, tout comme la chasse et, bien évidemment, la pêche. L’art rupestre se caractérise par des scènes de la vie quotidienne, des représentations d’animaux du quotidiens ou d’animaux sauvages, ou encore des scènes de populations et de bateaux.

Badari A / Hermanieh

La culture de Badari — qui tient son nom du site principal de Badari — se développe au Nord de la Haute-Égypte sur une trentaine de kilomètres de long entre les villes actuelles d’Assiout et Tahta. Dans ces nécropoles sont ensevelis les corps des défunts en position fœtale, reposant à même le sol dans des fosses à taille humaine. Parfois recouverts ou enveloppés d’une natte tressée, les corps sont accompagnés d’un matériel archéologique dense et varié, témoignant d’un système sociétale déjà complexe, reflétant le niveau de vie des défunts. On trouve des poteries rouges bordées de noir, mais aussi des objets d’ivoire finement travaillés : des peignes et des épingles à cheveux, mais aussi des figurines principalement féminines. Pour la première fois apparaissent des palettes à fard en grauwacke en forme de losange.

L’habitat formé de huttes à plan oval et érigées en structure légère témoigne d’une économie basée essentiellement sur la chasse, la pêche et la cueillette. On a également découvert des restes d’animaux domestiqués. Les récipients d’offrandes découverts comportaient aussi des traces de céréales (blé, orge et ricin).

La découverte de pointes de flèches à base concave et d’autres outils de pierre, tout comme le polissage typique des poteries, témoigne d’échanges avec les cultures de Basse-Égypte. Par ailleurs, cette population effectuait fréquemment des déplacements vers le désert et la mer Rouge, d’où ils extrayaient le grauwacke des palettes à fard, la malachite et la stéatite, et rapportaient des coquillages.